Présentation

23 April 2008 | Uncategorized

“Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés sans distinctions aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation”
(Déclaration universelle des droits de l’Homme”, du 10 décembre 1948). il serait temps que cette devise d’une déclaration historique devienne réalité. Il y a encore beaucoup à faire, ici et maintenant. Chacun d’entre nous, et nous collectivement, sommes responsables de la mise en pratique de ce projet de société.

Et comme seuls on ne peut pas faire grand chose, il faut nous associer.

En 1995, un petit nombre de citoyens de Velaux se sont regroupés pour réagir à 1’avancée de plus en plus inquiétante des idées et des initiatives de l’extrême droite, en particulier à la suite d’élections municipales, où pour la première fois à. Velaux, une liste proche de l’extrême-droite se présentait. Ils ont créé le CRIAAR, et à l’annonce publique de cette initiative, d’autres citoyens les ont rejoint. La population de Velaux est informée des objectifs de l’Association, appelant ceux et celles voulant agir concrètement pour la lutte démocratique à y participer.

Notre initiative n’a pas été la seule alentour, indépendamment, d’autres associations avec des objectifs similaires se sont créées, et nous nous sommes très rapidement regroupés dans un Collectif Local pour la Démocratie, contre l’extrême-droite, avec le CRACRE de Rognac, CREATIF de Coudoux, la section de la Fare de la Ligue Droits de l’Homme et Ventraben-Démocratie. Ce collectif a dû organiser, sitôt constitué, la riposte contre l’agression d’une travailleuse familiale anti-fasciste de Velaux par des militants d’extrême-droite en novembre 96, cette agression faisant suite à des intimidations, insultes et tabassage de jeunes du village en “raison” de leur couleur de peau. Une manifestation de deux cents personnes se déroula à travers le village, avec des représentants de la Municipalité et de toutes les organisations démocratiques.

Dans la foulée, au printemps suivant, le CRIAAR, organise une exposition de dessins et caricatures autour des activités de l’extrême-droite aux Quatre-Tours, avec la collaboration en particulier de LUZ dessinateur-journaliste à Charlie-Hebdo. S’en est suivie une conférence-débat au même lieu, avec comme intervenants des personnalités particulièrement engagées dans l’opposition au racisme, en présence du Maire et du Premier Adjoint de Velaux, entourés d’une centaine de personnes…

Progressivement, l’Association rentre en léthargie, Implicitement ses membres se mettent en retrait, sans doute considérant qu’il n’y a plus urgence, que les indices de la xénophobie régressent, confortés sans doute dans cette opinion par la “baisse de garde” de beaucoup d’organisations anti-racistes et “l’air-du-temps”. Nous avons tiré les conclusions de ce défaut de vigilance.

Les résultats du premier tour des élections présidentielles du printemps 2002 nous ont rappelés brutalement à l’ordre des choses, qu’une partie importante de nos concitoyens approuvait peu ou prou un programme d’exclusion, de discrimination explicite, visant des catégories entières de populations dans notre pays, proposant un modèle de société étroitement fermée.

A quelques-uns, dont des nouveaux venus, nous avons, entre les deux tours, sonné le tocsin autour de nous pour rassembler en urgence tous les anti-fachistes volontaires, et réactiver notre Association A la suite d’une première réunion de remise en marche du CRIAAR et de notre participation aux manifestations anti-Front National, nous décidons d’appeler à un pique-nique citoyen, à la Salle des fêtes, sur la place François-Caire le 7 juillet 2002, après avoir informés par affiches et par tracts dans les boîtes aux lettres tous les velauxiens. Cette manifestation publique s’est parfaitement déroulée malgré une participation limitée due, sans doute, à notre réapparition inopinée et en un lieu très public. D’utiles contacts ont été noués.

Le 14 septembre, nous participons au Forum des associations de Velaux où, là aussi nous avons l’occasion d’écouter les attentes d’anti-racistes et d’expliquer nos propositions.

Dès le début septembre, le CRIAAR, qui avait ressurgi et refonctionné sous la poussée des événements, avec de nouveaux volontaires, éprouve le besoin de se refonder, d’élaborer de nouveaux statuts, de formaliser un mode de fonctionnement et de clarifier ses objectifs tenant compte de la situation nouvelle. Après un temps d’étude d’une proposition de nouveaux statuts, de modifications proposées et argumentées, ceux-ci sont adoptés à l’Assemblée Générale du 22 octobre 2002.

l’Association se donne pour buts la lutte anti-raciste.

*elle s’oppose à toutes les discriminations, de droit et de fait, ethniques, culturelles et sociale et défend la réalisation effective de l’ égalité des citoyens ;

* elle combat les représentations dévalorisantes et la relégation sociale de catégories de la population et promeut la richesse de toutes les cultures et la dignité de toute personne.

Quelques précisions sur notre conception du racisme aujourd’hui.

Hormis chez les idéologues des organisations d’extrême-droite, le racisme au quotidien n’est ni une doctrine mise en pratique, ni même un comportement rationnellement justifié ; ce qui ne veut pas dire qu’on ne donne pas de “raisons” à ces attitudes ! Ces motifs (et ces motivations) sont d’autant plus difficiles à combattre qu’ils sont souvent inavoués, dits mezzo voce ; qu’ils s’appuient sur la vraissemblance d’un soi-disant bon-sens, sur de prétendues évidences ; qu’ils s’étayent sur des fragments de réalité vrais, des contradictions incontestables.

* le terrorisme, la violence multiforme disséminée dans le monde présent, sa permanence et son extension prévisibles, son “importation” dans nos bastions occidentaux, développent non seulement la peur, mais l’angoisse que “l’autre” prépare un mauvais coup contre nous qui sommes innocents.

* le sentiment d’impuissance et d’isolement (qui ne sont pas que des sentiments), amène un certain nombre d’entre nous à se dire “si je ne suis rien ; c’est que les autres me veulent du mal !” il est en effet plus facile de s’en prendre au voisin qu’aux puissants anonymes

* il y a aussi cette idée ’Je suis seul (et fier de l’être, sûr de mon bon droit, et je ne veux pas aliéner mon indépendance, quitte à remâcher ma rancoeur dans mon splendide isolement et vouer les autres qui ne sont pas de ma “qualité”, aux enfers- variante : “’si nous sommes ce que nous sommes, c’est grâce à nous-mêmes”.

* d’autres voudraient agir mais ont peur de se faire manipuler par ceux censés en savoir plus ou par peur d’autres qui ne pensent pas entièrement comme eux et avec qui il faudra faire des concessions ;

* d’autres estiment qu’il y a priorité à résoudre nos problèmes “à nous”, avant de s’occuper de ceux “des autres” ; “personne ne fait rien pour moi, pourquoi je m’occuperais des autres ?” - “On donne tout à tous ce qui sont ici pour uniquement recevoir ; ils passent devant nous !” - “Qu’ ils se prennent en charge eux-mêmes.

* on entend aussi : “ils sont trop différents de nous ; même s’ils veulent fonctionner comme nous, ils en sont incapables”.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais la plupart des attitudes de méfiance, que chacun d’entre nous rencontre, peut s ’y rattacher.

Que propose notre Association pour poursuivre ses buts ?

D’abord, un travail de longue haleine auprès de l’opinion publique, car les idées et les attitudes sont tenaces, enracinées dans la pratique sociale.

C’est bien pourquoi, c’est la pratique sociale qui doit être le champ principal de notre activité. Et d’abord au sein de notre Association, qui met enjeu la pratique de la délibération démocratique :
l’Assemblée des membres décide, le Conseil d’Administration n’a d’autres attributions que de faire des propositions et d’appliquer les décisions de l’ A. G. Nous avons toujours refusé le fonctionnement d’une démocratie formaliste, où, de fait, un C.A. ou un Bureau a tout pouvoir sur une Assemblée qui enregistre.

Notre Assemblée entend les compte-rendus de ce que chacun s’était chargé de faire à l’A.G. précédente ; elle se donne les moyens d’informations pour que ses décisions soient éclairées, elle écoute attentivement les avis et les propositions de chacun, quelque soit sa facilité de parole, elle réunit des personnes aux opinions, politiques (quand elles en font état volontairement), aux expériences de vie et aux âges différents.

Mais, notre activité heureusement, n’est pas faite que de délibérations, si démocratiques soient-elles ! Nous avons institué des commisssions permanentes qui fonctionnent de façon autonome (selon les relations d’affinité) et rendent compte à chaque A.G. de leur travail et de leurs propositions. Elles doivent s’adjoindre des personnes hors de l’Association que leur thème de travail intéressent, de sorte que l’Association ne soit pas un club fermé mais un organisme vivant, ouvert à son entourage, établissant des liens plus ou moins étroits avec ceux qui veulent agir contre les discriminations, à leur mesure, leur rythme, leurs centres d’intérêt et le degré d’implication qu’ils désirent.

Actuellement, ces commissions sont au nombre de cinq : Jeunesse, Troisième-âge, Documentation, Liaisons extérieures, Relations avec les médias. Par ailleurs, nous avons prévu que des groupes de travail temporaires sur un sujet urgent et ponctuel se constituent.

Pour prendre connaissance de nos propositions d’activités et d’actions à mesure qu’elles sont décidées, consultez notre site Internet www.criaar.com ou écrivez-nous.

Quels que soient les événements et les situations, notre activité associe trois types de moyens

* la REFLEXION, par la documentation, l’échange de points de vue, les contacts diversifiés ; car les phénomènes de discriminations sont multiformes, prennent des aspects et des justifications changeants qu’ ils faut comprendre pour mieux s ’y opposer.

* l’INFORMATION de la population par des expositions, des débats publics, des publications, des animations de rencontres, des échanges d’expériences, de sorte que les citoyens qui s’interrogent sur le présent et l’avenir de notre société aient des éléments sérieux de prise de décision.

* l’ACTION, qui va de la défense des personnes et groupes victimes de discriminations, à la mobilisations des citoyens de notre Commune sur l’égalité de traitement des personnes, en passant par la participation à des initiatives locales, nationales ou internationales allant dans le sens des buts de notre Association.

Enfin, il nous faut clairement affirmer que nous veillions à notre indépendance envers tout parti confession et groupe de pression ; que toute collaboration avec des associations, institutions ou regroupements est soumise à la décision des membres de notre association.